The Wire – « All in the game, yo , All in the game! » Omar.

Quand on recherche la liste des meilleurs séries télévisées, les créations HBO se taillent la part du lion. Game of Thrones, True Detective, VEEP, True Blood pour les productions les plus récentes. En remontant plus loin, HBO c’est également les « cultissimes » Sex and the city, Entourage, Treme, Six Feet Under, mais aussi OZ, The Soprano, The Wire.
The Wire figurant régulièrement dans le top 5 des meilleurs séries TV (voir top 3 des meilleurs séries TV des années 2000). Parfois même taxée de meilleure série du Monde. Pour moi indéniablement dans mon top 3.

Il sera difficile de résumer en quelques lignes la totalité des 5 saisons qui composent The Wire. la série traite du traffic de drogue à Baltimore du point de vues de l’ensemble des protagonistes: la police, les gangs, les élus.

Dans The Wire, pas de tour de passe-passe, la réalité, la réalité, la simple réalité. Les flics face à l’inactivité, l’ambition de leurs chefs. Victimes des rouages de l’administration plombée par la politique. Rappelons que la police américaines celle que l’on voit dans The Wire et dans grand nombre des séries US actuelles (Police département) est gérée par les mairies donc soumise au bon vouloir du Maire et à l’agenda électorale. Les policiers que l’on suit dans la série doivent se battre contre deux « entités » et les trafiquants de drogue ne sont pas les plus compliquer à « battre ».  Pas de manichéisme, ce n’est ni noir, ni blanc, la réalité (encore une fois). Le « quartier » développé par Howard « Bunny » Colvin en est l’exemple parfait: une solution efficace mais illégale.

En regardant The Wire, il ne faut pas s’attendre à de grands éclats, mais une image froide, réaliste, une transcription sans effet de manche de la ville, de la rue et de ses règles. Et c’est pour cela que la série est une des meilleures.

Apriori The Wire est une série policière / dramatique. C’est surtout une série sociétal qui s’attarde sur les abandonnés de la société américaine. Le traffic de drogue est le fil conducteur de la série, mais chaque saison s’intéresse à des thématiques précises. Le traitement se fait à chaque fois selon le point de vue des différents protagonistes.

  • Saison 1: la lutte entre la police et les gangs dans l’ouest de la ville.
  • Saison 2: le port alors que l’économie portuaire est en déclin. Mais également lieu de contrebande.
  • Saison 3: la politique et l’ascension au pouvoir.
  • Saison 4: le système scolaire de la ville.
  • Saison 5: les organes de presse.

En aucun cas les créateurs ne s’apitoient sur les sorts des différents protagonistes. Aucune pitié, aucuns jugements. Comment porter un jugement sur la vie et les choix de ces jeunes désabusés qui vendent de la drogue pour s’en sortir, alors que pendant ce temps là, les sénateurs et élus profitent de cette misère pour leur propre ambition? La réalité est dure, la limite entre le bien et le mal n’est pas aussi nette que l’on aimerait qu’elle soit. La série développe que l’un ne va pas sans l’autre, que parfois pour faire le bien, il faut faire quelque chose de mal. Quand il faut des résultats  sans les moyens. L’obsession des chiffres. C’est ce que McNulty et Freamon décident de faire. Alors que eux vont payer, les « chefs » vont en profiter.

Je préfère prévenir que la suite de cet avis contient des spoilers évidents.

The Wire c’est aussi des personnages réalistes et sincères, référents de la culture urbaine. Le créateur semble avoir construit des personnages réels que l’on pourrait rencontrer dans les rues de Baltimore. Ils sont sincères et justes dans leur jeu sans fioritures. Il faut regarder The Wire, en VO (avec ou sans sous titres). Pour les accents, les tournures de phrases, les « gros » mots. Pour le réalisme. La version VF risque de retirer l’authenticité des personnages.
Plusieurs personnages présentent des intérêts particuliers. Omar, McNulty, Avon Barksdale et par association Russel « Stringer Bell », Bubbles, Snoop Pearson, Carcetti et Mickael. Les autres personnages étant proches de ceux cités précédemment.

  • McNulty:« damn good police », est un très bon flic qui n’a aucuns respects pour sa hiérarchie ni pour les règles. Il suit son instinct dans la guerre contre le crime et le traffic de drogue.
  • Omar: sorte de Robins des bois sans morale qui vole aux trafiquants de drogue mais plus pour son propre intérêt que pour redistribuer aux pauvres. Craint dans le quartier, il est l’homme à abattre pour l’organisation Barksdale puis pour Marlo Stanfield. A la fois balance, voleur, trafiquant, il agit quand ses intérêts sont en jeu. Personnage le plus intrigants, le plus charismatique et le plus marquant de la série.
  • Avon Barskdale: Chef de l’organisation Barksdale à la suite de son père, il gère le quartier Ouest.  Secondé par Stringer Bell. Ce dernier se différencie de Avon dans son style et dans sa gestion « économique et financière » de l’organisation. De son côté Avon reste dans le style dealeur, homme de la rue.
  • Bubbles: l’homme de la rue à proprement parlé, le drogué qui vit de petit boulot et se drogue. Comme une grande partie des « clients » des organisations de drogue, il survit plus qu’il ne vit. Il reste un fil rouge dans la série, que l’on suit dans la difficulté de vie des abandonnés de Baltimore. Homme sans méchancetés mais que la vie n’a pas épargné.
  • Carcetti: homme de loi doté d’une morale mais aussi d’une ambition grandissante. Représentation de la difficulté de faire face aux obligations de la charge d’élue face aux promesses électorales.
  • Snoop Pearson: un « des hommes » de main de l’organisation Stanfield. Le personnage est désabusée, sans foi ni loi, il connait son boulot et le fait. Le coup de génie de la production a été d’engager une personne native de Baltimore. Personne marquée par la vie, qui a fait son temps en prison, avec l’accent de Bmore (comme elle appelle « affectueusement » Baltimore).
  • Mickael: ou l’évolution d’un jeune homme dans le traffic de drogue. Il représente cette jeunesse abandonnée car elle vit dans le mauvais quartier de Baltimore. Intelligent mais né dans la mauvaise famille, il doit nourrir et faire vivre son frère. Alors que d’autres sont « sauvés », je pense notamment à Namond (fils de Wee bey), lui en colère se laisse entrainer par la rue. Il est doté d’une certaines humanités et fait ce qu’il fait juste car il n’a pas le choix.

Notons également qu’aucuns des personnages ne tombent dans le cliché, aucuns stéréotypes. Les relations policiers/dealeurs ne sont pas sur-jouées. Les trafiquants ne sont pas idiots et comprennent assez rapidement qu’ils intéressent les forces de l’ordre. Donnant lieu à des situations cocasses. Malgré l’attachement que l’on peut avoir pour certains personnages, leur disparition sert l’histoire. Les morts sont froides, inévitables, et cruellement réalistes. Le dernier épisode ne sert pas d’épisode règlement de compte, Stringer Bell meurt dans l’épisode 3, Avon Barksdale disparait de l’écran au début de la saison 5. Les meurtres de Omar et Snoop sont les plus insensibles. Omar meurt de façon imprévisible et même ridicule en comparaison de sa survie pendant les 5 saisons. Spoiler Alert – surlignez les prochaines lignes: être tué d’une balle dans la tête tirée par un enfant de 10ans alors qu’on a survécu à la venue d’un des tueurs à gage les plus connus et craint de l’Est des Etats-Unis (Brother Mouzone) je trouve ça quelque peu ironique. /spoiler alert

La mort de Snoop Pearson reflète aussi ce côté inéluctable imposé par les règles du jeu. Snoop les connais, les fait respecter et les acceptes.

The Wire saison 5 Episode 9
Felicia ‘Snoop’ Pearson: How my hair look, Mike?
Michael Lee: Look good, girl.

Dans d’autres séries quand un personnages principales disparait, il m’est parfois arrivé d’arrêter la série (je pense à Dexter notamment), mais pas dans le cas de The Wire, simplement car…

La ville de Baltimore est le personnage principal de The Wire. Cette ville de la côte Est, est semblable à d’autres villes Américaines, mais elle ne présente pas le même intérêt que NYC, Miami, ou encore Chicago. Rarement intégrée aux circuits touristiques. Pourtant située à moins de 100 km de la capitale fédérale des Etats-Unis et donc est à moins de 4heures de bus de NYC. Connue pour de mauvaises raisons. Baltimore est la 12ème ville la plus dangereuse des US. Les scènes tournées directement sur les lieux ajoutent à cette impression de vérité, réalité. Enfin une face de Baltimore ». Images des caméras de surveillance (dans la boite de nuit qui sert de QG à l’organisation Barksdale) ou encore les objectifs des appareils de surveillance. La série se concentre sur les quartiers Ouest, abandonnés. Sorte de prison sans barrières, et sans avenir, les faces d’une ville rarement vues à la télé. En ça la série se démarque des autres séries américaines.

Une conclusion sans finale, sombre et réaliste.

Dans le premier épisode ‘The Target’, les détectives Carver, Greggs et Hauk, ont cette discussion, qui pourrait tout aussi bien conclure la série et résumer le dernier épisode:

The Wire saison 1 Episode 1
Kima : « Fighting the war on drugs … one brutality case at a time. »
Carver : « Girl you can’t even call this shit a war. »
Herc : « Why not ? »
Carver : « War ends … »

La guerre à la drogue, les manipulations politiques, la vie, continuent. McNulty, regarde la ville. Cette ville: un tout, le bien, le mal.
La réalisation de The Wire, donne l’impression de regarder à la fois une fiction et un documentaire.

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